MitoMania. Storie ritrovate di uomini e eroi

par Eva Degl'Innocenti, Anna Consonni, Luca Di Franco, Lorenzo Mancini

EXPOSITIONS ET EVENEMENTS

L’exposition MitoMania. Storie ritrovate di uomini ed eroi évoque le périple d’objets dérobés mais enfin de retour sur le territoire dont ils représentent l’héritage, grâce aux efforts du Commandement des Carabiniers pour la protection du patrimoine culturel : ainsi, des chefs-d’œuvre de la céramique apulienne à figures rouges, qui a été florissante dans les Pouilles entre la seconde moitié du Ve et la fin du IVe siècle av. J.-C., ont été restitués à l’Italie par les différents musées d’outre-Atlantique, où ils avaient abouti au travers d’exportations illégales.

Pour la première fois, vous pourrez les admirer tous réunis au Musée archéologique national de Tarente, ville qui a vu naître la production de la céramique.

HORAIRES DE L’EXPOSITION

Jusqu'en mai 2020
du mardi au samedi,
de 8h30 à 13h00 et de 15h30 à 19h30.

Pas uniquement une récupération d’artefacts: le "contexte perdu"

MitoMania. Storie ritrovate di uomini ed eroi n’est pas seulement une exposition sur le thème, indéniablement très important, de la protection du patrimoine archéologique contre les risques de dispersion auxquels il est soumis. C’est aussi une tentative de compenser la perte du contexte de découverte de ce patrimoine – malheureusement difficile à retrouver – moyennant la reconstitution du contexte culturel qui sous-tend la production, la circulation et l’utilisation des vases exposés et qui en fait quelque chose de plus que de merveilleux objets d’art. C’est uniquement en puisant dans ce « contexte perdu » que les images qui y sont peintes peuvent revenir nous raconter des histoires. Des histoires retrouvées d’hommes et de héros qui utilisent le langage du mythe non pas par simple « manie », comme le suggère le titre de l’exposition de manière provocante, mais comme un outil de partage de valeurs et de construction identitaire entre les Grecs et le monde autochtone.

Exposition Mitomania: détail amphore

L’exposition est divisée en trois sections, consacrées respectivement à l’évocation du « contexte perdu » – à travers la narration des histoires des hommes (section I) et des héros du mythe (section II) représentés sur les vases – et à l’activité déployée par le Commandement des Carabiniers pour la Protection du Patrimoine culturel (section III).

SECTION I:
Céramique apulienne et idéologie funéraire

Plus de 90% des vases apuliens dont on connaît la provenance sont issus de nécropoles. Cependant, la tombe n’est pas uniquement leur lieu de destination ultime. Ce sont les caractéristiques de ces vases qui indiquent qu’il s’agit là d’objets conçus dès le début pour être montrés lors du rituel funéraire ou placés dans une sépulture.

Dans la section I, le rapport entre céramique apulienne et sphère funéraire est analysé aux différents niveaux où il se manifeste, de la forme des vases aux scènes peintes. Ces dernières montrent des jeunes, hommes et femmes, qui apportent  des offrandes sur la tombe, évoquée par une stèle ou une colonne. Sur les deux grands cratères à volutes attribués au Peintre du Sakkos blanc,  la tombe est signalée par une forme architecturalement plus complexe, à savoir un petit temple (naiskos) à l’intérieur duquel est assis le défunt représenté sous la forme d’une statue.

Aux scènes d’offrandes votives à la tombe, s’ajoutent des représentations d’outre-tombe et des scènes mythologiques. C’est uniquement en considérant ces images dans leur globalité, comme un unique grand texte figuré qu’il est possible d’appréhender des fragments d’histoires perdues et retrouvées. Des histoires d’hommes et de femmes aux prises avec des moments importants de leur existence sociale et avec les peurs et espoirs suscités par le destin commun à tout être humain.

L'exposition MitoMania. Storie ritrovate di uomini ed eroi

SECTION II:
Mythe et théâtre dans la céramique apulienne

Pour les Grecs de l’Antiquité, le théâtre a représenté un patrimoine inépuisable d’images et d’histoires. Parmi les artefacts restitués au Musée Archéologique national de Tarente, on trouve quelques vases caractérisés par une iconographie particulière et raffinée, centrée sur la narration d’épisodes mythologiques dans lesquels on a voulu voir une relation avec le monde du théâtre. Ce rapport intense et réciproque entre le drame et la peinture des céramiques, dont l’interprétation est matière à débat, est attesté par les trois vases représentant le mythe d’Andromède, dans lesquels deux moments différents de l’histoire sont illustrés comme plaques d’une seule frise. La connaissance fragmentaire d’une tragédie de l’Athénien Euripide, mise en scène en 412 av. J.-C., offre l’occasion d’attirer l’attention sur l’osmose entre les deux mondes, rappelant l’histoire d’une jeune fille offerte comme victime sacrifiée à un monstre marin et sauvée par l’intervention du héros Persée.

Le dinos (vase arrondi) attribué au peintre dénommé Pittore di Dario introduit lui aussi le thème théâtral – peut-être lié cette fois à une comédie – à travers l’illustration de l’épisode où Busiris, roi égyptien qui avait coutume de sacrifier les étrangers de passage dans son royaume, fut exécuté par le héros civilisateur Héraclès.

Exposition Mitomania: détail amphore

SECTION III:
L’activité du Commandement des Carabiniers TPC (Protection du patrimoine culturel): chroniques de restitution au MArTA

Le Commandement des Carabiniers pour la Protection du patrimoine culturel a fêté ses cinquante premières années d’activité en 2019. Rattaché au Ministère de la Culture et du Tourisme en tant que Bureau de collaboration directe du Ministre, il remplit des tâches attenant à la sécurité et à la protection du patrimoine culturel italien à travers la prévention et la répression de toutes les violations de la législation de protection, mais il est aussi  le pôle d’information autour duquel gravitent toutes les forces de police.

Les vases exposés ont été rendus à l’Italie à la suite d’une activité complexe d’investigation internationale. Les enquêtes qui ont débuté dans les années 1990 permirent d’identifier dans les entrepôts du port franc de Genève une quantité impressionnante de pièces d’archéologie de provenance illicite, entassées dans des entrepôts ou exposées dans des salles destinées aux négociations de vente.

Parallèlement aux procédures qui ont résulté de ces enquêtes, le MiBACT, à travers une intense activité de diplomatie culturelle menée en synergie avec le Parquet et le Ministère des affaires étrangères, est parvenu à définir des accords spécifiques de restitution avec certains musées américains qui avaient acquis illégalement des objets en provenance d’Italie.

C’est ainsi que ces trésors peuvent aujourd’hui être admirés dans la région qui les a façonnés et conservés pendant des siècles.

Exposition Mitomania: détail amphore

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